La crise s'aggrave selon les CCAS. A Saint-Maur que faisons-nous pour lutter contre ce phénomène ?
Une enquête récente menée par les affaires sociales confirme la montée de la précarité et une demande toujours plus massive d'aides extralégales de la part des personnes les plus vulnérables économiquement.
Depuis le début de la crise, en 2008, 79,38% des CCAS, contre 75 % en 2009, ont constaté une augmentation globale des demandes d'aides. Les demandes d'aide alimentaire sont le plus souvent cités (36, 64 % contre 36,24 % en 2009), mais ce sont les demandes financières qui augmentent le plus : 33,88 % en 2010, contre 29,6 % en 2009.
Les nouveaux demandeurs sont, selon les CCAS, les travailleurs pauvres et les personnes qui n'avaient jamais sollicité d'aides jusqu'alors. L'enquête montre que « la montée en charge du RSA pour les travailleurs pauvres est étonnement progressive ».
Les résultats de cette enquête présentés aux CCAS ont bien sûr été très commentés par ceux-ci.
Face à la forte hausse (+75,3%) des demandes d'aide auprès des CCAS, depuis le début de la crise économique, les CCAS indiquent se mobiliser pour répondre à la demande. Interrogé, le Président de l'Union des CCAS constate la présence de plus en plus forte des retraités ou des jeunes dans les nouveaux publics qui s'adressent aux CCAS. Concernant l'appel à l'aide de plus en plus de jeunes, il juge « insuffisante la réponse actuelle de la solidarité nationale ».
Qu'en est-il à Saint-Maur ? Sommes nous frappés par ce phénomène d'augmentation de la pauvreté et de généralisation de la précarité ? Difficile à dire car les données sur un sujet aussi sensible sont, tout le monde sait, difficiles à obtenir… Mauvaise foi, volonté de ne pas communiquer ou encore mauvaise organisation ? Difficile à dire ! La réponse se situe vraisemblablement au confluent des trois motifs.
Même si pendant longtemps le message a été simple, la pauvreté n'existe pas à Saint-Maur ou alors si peu qu'il ne vaut même pas la peine d'en parler, il est clair que la pauvreté s'accroît aussi sur notre territoire ! Il faudrait la mesurer finement.
Depuis l'arrivée de la nouvelle municipalité, le discours a évolué. Les affaires sociales et le CCAS sont gérés par des personnes à la fibre indubitablement plus sociale. Pour autant, les moyens qui leurs sont accordés n'évoluent guère. La subvention municipale notamment ne décolle pas. H. Plagnol n'a rien contre le social dès lors que celui-ci ne lui consomme pas de marges de manœuvre financière… Le CCAS, propriétaire d'un vaste patrimoine foncier a bien entrepris des actions afin d'en optimiser le rendement. Mais tout cela reste cependant bien timide !
L'incontournable analyse des besoins sociaux !
Procéder à une analyse des besoins sociaux constituerait sans doute un premier élément de réponse. Qu'entend on par là ? Observer les besoins de la population et seulement après arrêter les solutions pour y répondre ? Si le principe relève de l'évidence, nombre d'acteurs publics, dont la ville de Saint-Maur, peinent encore à lui donner une application concrète.
Dans l'attente, la politique de lutte contre la pauvreté avance péniblement. Elle est sous traitée pour partie à des associations, éminemment méritantes, mais insuffisamment outillées. Est-ce normal ? A procéder ainsi, le risque est grand que l'approche compassionnelle remplace l'action publique. Résultat : la pauvreté a, à Saint-Maur comme ailleurs, de beaux jours devant elle ! La gauche ne peut pas et ne doit pas s'en satisfaire !
Philippe Rosaire
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